Domaine Marcel Lapierre à Morgon en Beaujolais, le bio en héritage

08 juillet 2020
Télécharger le podcast

Camille et son frère Mathieu ont hérité du domaine viticole de 18 hectares rendu créé par leur grand-père et rendu célèbre par leur défunt père Marcel Lapierre. A l’époque de la passation entre le grand-pére et le père Lapierre, la doctrine plus que dominante était à la chimie. On enseignait dans toutes les écoles de viticulture à faire confiance à la chimie dans tous les domaines, que ce soit dans les vignes ou dans les cuveries, le mot d’ordre était d’arrêter de se tuer à la tâche pour des résultats médiocres et de laisser faire la chimie.

Marcel Lapierre est dubitatif devant ce qui semble être une nouvelle religion, il rencontre Jules Chauvet, un vigneron et négociant qui a une très solide formation de chimiste et qui est prophétique, disant à une époque où personne ne pensait ainsi que l’utilisation systématique de la chimie allait tuer la vie des sols, rendre les raisins et donc les vins standardisés, insensible au terroir qui ne trouvera plus à s’exprimer. Il est considéré comme le père des vins naturels, et Marcel Lapierre a la confirmation de ce qu’il sentait, ce sera sans chimie chez lui !

Le Domaine Lapierre est donc à ce jour un domaine qui n’a jamais connu d’intrant chimiques, ni dans les vignes ni en cuverie, c’est hélas suffisamment rare pour être relevé !

Camille et Mathieu continuent l’œuvre familiale dans le respect de la tradition et continuent à porter haut les couleurs de l’appellation Morgon qui est devenu un des crus du Beaujolais des plus recherchés.

La vie est moins compliquée pour eux que pour leur pére qui était un des rares à son époque, avec quelques amis à nager à contre-courant de la doxa dominante, et qui avaient bien du mal au tout début à faire des vins de grande qualité, ils ont tâtonné et inventé et plus encore à trouver des débouchés commerciaux pour leurs vins, rares étaient ceux qui ont pris le risque avec eux, citons parmi eux une génération de grands chefs comme Chapel (le voisin de l’Ain), Camdeborde ou Faucheux à Paris qui ont finalement réussi à imposer la qualité des vins et l’honnêteté du travail de ces précurseurs de ce que l’on appelait pas encore le bio ou les vins nature.

Le domaine Lapierre travaille « à la bourguignone » avec en Morgon des cuvées parcellaires qui ressemblent furieusement aux climats bourguignons, avec une cuvée des jeunes vignes du domaine appelée « Les raisins gaulois », le vrai vin de soif et de copains, plein de fruit et de gourmandise, un vin à boire sous la douche disait Marcel Lapierre !

La tradition a du bon quand elle est aussi respectueuse de la vigne, du vin, des gens qui le font et des gens qui le boivent ! 

Ces vins magnifiques sont disponibles chez Blood Wines où François n’hésitera pas à vous livrer à domicile si besoin ! 

http://bloodwines.com

 

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article