24/04 - Y'a pas le feu au lac #20

24 avril 2021
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Bonjour,

Grüezi,

Buongiorno les petits Suisses,

Aujourd’hui, je souhaite vous parler des 1000 idées de la Fondation Solar Impulse pour le climat.

Pour rappel, Solar Impulse désigne deux avions solaires construits à l’initiative des Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg, à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Les deux pilotes en assurent le développement depuis 2003, année aussi de la naissance de la Fondation Solar Impulse, association environnementale à but non lucratif fondée par Bertrand Piccard et André Borschberg en collaboration avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne.

L’objectif formulé il y a 4 ans a été donc atteint. La Fondation Solar Impulse a dévoilé sa liste de 1000 solutions innovantes pour lutter contre le changement climatique.

Un filon inépuisable. La fondation a pu compter, pour l’évaluation des solutions, sur l’aide de 400 experts internationaux.

Pourquoi c’est intéressant. Les solutions retenues sont de différents niveaux de maturité – de l’idée qui cherche ses investisseurs jusqu’à la solution déjà commercialisée qui viserait de nouveaux marchés. Elles présentent toutefois un point commun : elles sont efficaces contre le changement climatique, mais elles sont surtout rentables, point qui distingue le label Solar Impulse de la myriade de certifications qui existent actuellement. Cet élément est au cœur de l’approche de Bertrand Piccard, qui entend présenter le défi climatique non plus seulement comme un problème, mais aussi comme une opportunité, en particulier auprès des acteurs économiques. La Fondation Solar Impulse a certifié 1000 solutions lucratives pour lutter contre le réchauffement. Prochaine étape : en fournir une sélection sur mesure aux chefs d’Etat du monde entier.

Le filon semble inépuisable. Parmi les 1000 solutions pour le climat identifiées par la Fondation Solar Impulse et présentées publiquement la semaine dernière, on trouve Joulia. Ce dispositif conçu à Bienne, dans le canton de Berne, est monté sur l’écoulement de la douche et permet de récupérer la chaleur de l’eau usée pour préchauffer les tuyaux d’arrivée de l’eau qui sortira du pommeau – des économies en énergie qui représentent pour un ménage de 4 personnes l’équivalent de celle produite annuellement par 15 m2 de panneaux solaires.

La société tessinoise Bioma s’est elle vu décerner la certification pour son produit Kopros, un mélange d’enzymes et de bactéries pulvérisé sur la litière des animaux d’élevage pour éliminer les émissions d’ammoniac et de méthane.

Il y a aussi Antismog, un boîtier à hydrogène conçu à Paris, qui s’adapte à tous types de véhicules pour augmenter la combustion de carburant et ainsi diminuer jusqu’à 80% le taux de gaz et particules non brûlés qui sont aujourd’hui rejetés.

Certaines des solutions désormais estampillées du label de la fondation en sont au stade de la start-up, voire du prototype, et cherchent des investisseurs, d’autres sont déjà commercialisées à échelle et visent de nouveaux marchés. Toutes ont évidemment en commun d’être bonnes pour la planète mais aussi d’être rentables. C’est d’ailleurs ce dernier point qui distingue ce label de la multitude d’autres certifications environnementales. Et c’est l’axe sur lequel l’explorateur Bertrand Piccard, président de Solar Impulse, articule son combat.

Convaincre les chefs d’Etat sera sa prochaine mission, à travers un vaste tour du monde au cours duquel Bertrand Piccard leur remettra une « cleanprint », une sorte de feuille de route clés en main, listant une sélection personnalisée de solutions. Celles-ci constituent les outils pour combler « le retard législatif, qui crée de l’inefficience et du gaspillage. Polluer demeure légal, ce qui freine l’arrivée des technologies modernes sur le marché ». D’où la nécessité de mettre en place des taxes carbone ambitieuses, qui améliorent la rentabilité et la compétitivité des entreprises. Coup d’envoi en novembre prochain à Glasgow en Ecosse, où se tiendra la 26ème Conférence annuelle de l’ONU sur le climat.

A présent, je vous emmène au théâtre National Dona Maria II à Lisbonne, voir les 29 et 30 avril prochains, le spectacle en langue française, sous-titré en portugais, et intitulé Please, please, please, déjà joué cette semaine à Porto.

Cette collaboration entre la chorégraphe française Mathilde Monnier et le chorégraphe hispano-suisse La Ribot est mis en scène par le portugais Tiago Rodrigues. Ils signent ensemble un pacte dérégulé par lequel tous trois s’engagent à préserver ce que la danse a de plus indomptable. Comme une contre-proposition au contrat social, l’accord déjoue les normes du spectacle pour laisser s’exprimer des corps rendus à leur seul désir, incluant le public à son insu. La pièce s’interroge sur ce que l’institution, de l’école au centre d’art, peut faire au corps en déclinant des figures de marginalité, présentées comme autant de façons de contourner la norme. Please, please, please mutualise, selon leurs propres termes, la danse du beau et celle de l’exécrable dans une performance polymorphe qui prend le sauvage pour prisme de lecture. Au cours de cette négociation, les clauses du spectacle se redéfinissent sans cesse. Placé en situation d’autonomie, chacun éprouve alors seul son corps, au risque assumé du ridicule, de l’incertitude et du dysfonctionnement.

Voilà donc pour aujourd’hui.

Je vous dis à la semaine prochaine, où que vous soyez, prenez bien soin de vous et « Y a pas le feu au lac ! ».

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